Nous avons été invité par la Française Des Jeux à une petite projection privée du film Ready Player One de Steven Spielberg, l’occasion pour la FDJ de nous présenter ses jeux d’argent mobiles et leur investissement grandissant dans le secteur de l’eSport.

Tournois eSport FDJ

Depuis quelques années, la FDJ s’engouffre dans la brèche ouverte par l’eSport. Elle souhaite ainsi profiter aussi bien de la manne apportée par les casual gamers que celle offerte par les joueurs pro. Ainsi pour s’adresser à ces 2 cibles totalement différentes, elle met à disposition des gamers 2 types d’approches complètements opposées.

Partant du constat qu’1.8 millions de clients ont déjà joué en ligne et que 36% des ventes se font sur mobile, la FDJ a développé 4 jeux de hasard et d’argent pour les joueurs casu : Les Clefs du Trésor, Monster Win, Justice League & Batman.

On peut se demander ce qu’il reste du hasard dans des jeux d’argent informatiques (on se souvient de l’algorithme pipé de Candy Crush servant à créer l’addiction), mais gageons que la FDJ respectent le dogme de départ.

Pour les amateurs et pro gramers, elle a initié 2 tournois : FDJ Open Séries (tournois amateurs) et FDJ Masters League (tournois pro). Tous deux offrent de jolies primes d’argent à la clé.

Les licences jouées sur ces tournois sont Rocket League, Street Fighter V, Tekken 7, Krosmaga et Counter Strike Go.

Lors des dernières finales de ces Masters Leagues, certains champions comme Chaussette45 (Rocket League) et Super Akouma (Tekken 7) ont pu révéler au grand public tout leur potentiel et accéder aux tournois d’envergure mondiale.

FDJ Open Series - Masters League

Plus d’informations sur : https://www.fdjesport.fr/

La projection privée

Je tiens avant tout à remercier la FDJ et Warner Bros Entertainment pour cette projection privée qui s’est déroulée dans la pure tradition des passionnés de cinéma.

La salle de taille modeste était équipée d’un bel écran de grande taille et d’un des meilleurs systèmes sonore que j’eusse pu écouter. Les voies étaient claires, les basses percutantes, les surrounds efficaces mais le plus épatant c’était les infra graves qui se vivaient réellement physiquement, la salle vibrait littéralement lors des explosions sans que sa structure n’entre pour autant en résonance. Pour moi qui suis amateur de Home-cinema, je peux vous certifier que le travail de l’ingé son est impressionnant.

L’assise n’était pas en reste avec de magnifiques fauteuils en cuir noir hyper enveloppants. Idéal pour tenir les 2h20 du film.

Bref, il aurait été compliqué d’avoir de meilleures conditions de projection.

salle cinéma Warner Bros Entertainment France

Le film Ready Player One (sans spoil)

Venons-en au film en lui même… Le fameux Ready Player One réalisé par Steven Spielberg sur un scénario original de Ernest Cline. Un film qui défraie la chronique geek, possède une super critique et croule sous les éloges de toutes parts.

Je vous avais d’ailleurs présenté le livre Player One d’Ernet Cline en début d’année. Et bien pour être honnête, je pense que pour apprécier le film il ne faut pas avoir lu le bouquin, autrement c’est la déception assurée tant l’ambiance / l’histoire du livre et du film n’ont rien de comparable.

Côté points positifs je dirais que la réalisation est soignée (on en attendait pas moins du maître Spielberg), l’ambiance graphique de façon générale est magnifique et tous les moindres détails ont été travaillés. Chaque décors est soigné, léché et réfléchi pour renvoyer une myriade de messages. On pourrait passer des heures à regarder le film image par image pour retrouver les milliers de références à la culture pop, je suis même certain qu’on y trouverait même plusieurs easter eggs cachés.

Le monde de l’Oasis est plutôt très bien rendu même s’il est moins clivant que dans le livre (exit le principe de Leveling). Les décors sont un savant mélange de plusieurs styles graphiques et les différents portails parsemés dans ce monde rappellent sous conteste le principe de déplacement dans les MMORPG.

Donc voilà, c’est beau, très beau même, ça fourmille de références pop, ça pulse, ça « chatoyle » dans tous les sens, mais…

Mais le montage façon blockbuster moderne ne me convient plus. « Je suis trop vieux pour ces conneries ! » (©Roger Murtaugh)

Il n’y a pas d’intro à proprement parler, le film commence d’entrée de jeu (si je puis dire ^^) par la course poursuite surpuissante qu’on voit dans la bande annonce. Une scène qui n’existe bien sûr pas dans le livre, mais chaque film d’action se doit d’avoir une course de voitures pour plaire au grand public dixit Olivier Dahan.

Une simple voix off se charge donc de nous expliquer succinctement le contexte de l’histoire, autant dire que question immersion et identification aux personnages ça se pose là.
La suite n’est qu’un enchaînement d’actions sans saveur particulière, exit la vraie passion du jeu vidéo ou la culture Geek rétro, exit le travail du skill ou du scoring. Ce film aurait pu être écrit par Nolan Sorrento lui-même (le méchant du film, qui fait mine de s’intéresser à la culture pop).

Tout le côté quête initiatique, énigmes retords, aventure épique ou référence à la madeleine de Proust est complètement absent du film. Même l’Epic Win phare du livre est présentée ici comme un bonus bidon gagné au hasard d’une discussion.

Ready Player One - borne Pacman

Même la chronologie n’a pas de sens, dans le film il se passe 5 ans sans que personne ne découvre la solution pour mettre la main sur la 1ère clé et d’un coup, une fois cette clé découverte, tout s’enchaîne. La quête de l’easter egg d’Halliday se termine en quelques heures, le plus simplement du monde.

Je passe sur les placements produits énormes (mais quand je dis énormes, c’est un euphémisme), le côté mainstream archi-assumé et les personnages clichés à mort.
Par contre, là où je ne passe pas c’est sur les accessoires gaming. Après tout, nous sommes sur GamerStuff.fr, aussi je n’ai pas pu m’empêcher de réfléchir aux différents systèmes de réalité virtuelle employés pour se connecter à l’Oasis et honnêtement il y a de nombreux moments où on se dit WTF.

Tantôt il faut une combinaison haptique et courir sur un tapis roulant, tantôt il suffit de rester allongé dans un gros fauteuil (?). Tantôt les gens courent dans la rue alors qu’ils sont immergés dans l’Oasis (quid des murs ?), tantôt les héros sont accrochés à des filins telles des marionnettes. Tantôt les personnages sont totalement immergés dans l’Oasis au point de ne pas reconnaître le vrai du faux, tantôt il suffit d’écouter ce qu’on dit dans le monde réel ou de regarder du coin de l’œil à travers le masque… bref, un peu de cohérence n’aurait pas nuit.

La bande son est hyper punchy, généreuse en basses fréquences afin de bien faire fonctionner les caissons de basse mais elle est malheureusement insipide. Aucun thème marquant n’en ressort. Quand on sort de la salle, il ne reste rien en tête. L’époque des BO fortes telles Rencontre du Troisième Type, Indiana Jones, E.T., Jurassic Park ou autre Band of Brothers est révolue. Place aux thèmes sonores passe-partout et sans âme.

Et que dire de la fin cucul et moralisatrice décriée par tout le monde, elle est juste insupportable et dénote complètement avec le reste du film.

Mon avis perso sur Ready Player One

Au final je suis sorti de la salle en ayant l’impression d’avoir pris une claque, mais pas celle que j’avais pris pour Indiana Jones, GhostBuster à son époque, Matrix ou le Seigneur des Anneaux, non juste une vulgaire claque malaisante. Presque le même sentiment ressenti après avoir vu GhostBuster 3, la tristitude…

Las, arrivé sur le trottoir en face du ciné il ne me restait en tête quasiment aucun moment marquant du film. Rien à quoi m’accrocher, ni personnage intéressant, ni phrase culte, ni même un air de musique, rien… Peut-être l’envie de rentrer chez moi en DeLorean, mais même à ce moment là c’est une image de Retour vers le Futur qui me venait à l’esprit. Shame !

D’aucuns diront « si on lit le livre avant un film, il est impossible que le film soit mieux…imagination…budget…acteurs…tout ça » et pourtant, des exemples comme Le Seigneur des Anneaux ou Harry Potter, qui sont certes moins complets que les livres, ne dénaturent pas pour autant l’œuvre originale.

Bien sûr, tout ce qui est dit ici ne fait écho qu’à mon avis personnel et mon expérience geek propre. Ce film a plu à énormément de mes amis (non geek) et à Jules (16 ans) qui m’accompagnait (et avait lui aussi lu le livre). Donc le mieux reste que vous vous formiez votre propre avis, aussi allez le voir et parlez-en autour de vous pour avoir un jugement critique objectif. C’est aussi ça le cinéma et la culture pop, le partage.

Les plus :

  • Décors impressionnants
  • De bonnes idées SF ici et là

Les moins :

  • Trop loin du livre
  • Trop mainstream
  • Insipide

Ou l’acheter le livre Player One ?